C E C I - N' E S T - P A S - U N E - P H O T O

 

CONCERT A KIEV

 

COEURS FRAGILES

 

JE NE SAIS PLUS QUOI VOUS DIRE

 

COLLOQUE SUR L'AVENIR

 

LA DERIVE DES CONTINENTS

 

LA MUTANTE

 

LA PASSION SELON L'AUTRE

 

L'EPHEMERE DEVANT L'ETERNEL

 

LE SAINT ESPRIT

 

LES ENFANTS DU LENDEMAIN

 

LE DERNIER METRE

 

MERE ETERNELLE

 

QUE RESTE-T-IL DE NOS HAINES ?

 

LE REPOS DU GUERRIER

 

PIETA CONTEMPORAINE

 

SALAM / SHALOM

 

STIGMATES

 

SEUL EN CENE

Tirages d’Art sur papier Fine Art Hahnemühle Rag 308g
50 X 70 cm encadré / Edition de 3 ex / 2025
/26

 

YVES HAYAT • CECI N’EST PAS UNE PHOTO
Fictions visuelles pour un monde saturé d’images

J’ai longtemps cru que raconter le monde signifiait être au plus près de l’événement, que la vérité se nichait dans le réel saisi sur le vif. Puis quelque chose a basculé.

Nous vivons désormais dans un flot d’images si dense que le réel semble s’y dissoudre. Certaines images trompent, d’autres anesthésient, beaucoup passent sans laisser de trace. Alors une question s’est imposée : que reste-t-il d’une image lorsque son origine n’a plus d’importance ? Et que ressent-on encore ?

Mes images ne documentent rien. Elles inventent, en recomposant à partir de fragments d’angoisses diffuses et de mémoires collectives, des visions entièrement fabriquées, assumées comme telles, pour ouvrir un espace où l’émotion peut surgir.

Mon travail explore le presque-réel, les instants qui n’ont jamais existé mais auraient pu. Il parle du monde tel que nous le ressentons, pas tel que les caméras l’enregistrent. Cependant je tiens à ce que mes images demeurent au plus près du réel, qu’elles en réveillent une vibration, un trouble, une réminiscence.

Certes mes images sont fausses. Mais ce qu’elles font naître, peut-être, ne l’est pas.

 

YVES HAYAT • THIS IS NOT A PHOTO
Visual Fictions for a World Saturated with Images

For a long time, I believed that chronicling the world meant being as close to the event as possible, that truth nestled within reality captured in the moment. Then, something shifted.

We now live in a flow of images so dense that reality seems to dissolve within it. Some images deceive, others anaesthetise, and many pass by without leaving a trace. So, a question became unavoidable: what is left of an image when its origin no longer matters? And what do we actually still feel?

My images document nothing. They invent. By recomposing fragments of diffuse anxieties and collective memories, they create entirely fabricated visions—openly acknowledged as such—to open up a space where emotion can emerge.

My work explores the near-real, moments that never existed but could have. It speaks of the world as we feel it, not as cameras record it. However, I am keen for my images to remain as close to reality as possible, so that they awaken a vibration, a sense of unease, a reminiscence.

Admittedly, my images are false. But what they give rise to, perhaps, is not.