F R E R E (s)

MARSEILLE France Les Docks Juillet 2001 avec le soutien du groupe Nicoletti-Carillon

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GAND (Belgique) - Van Ram Art Galleries Novembre 2002

NICE (France) - Espace Bernard Bonnaz 2000

   

Scandale(s)
Lorsque le plasticien recherche ce qui relie plus que ce qui distingue, il aborde le scandale absolu de la reproduction quasi mécanique de la violence sous le regard indifférent ou découragé du temps.
Si le matériau du constat a changé, la matière de l’œuvre semble pétrifiée dans l’absurde : mêmes intolérances, mêmes victimes.Tel un corps humain, chaque partie d’un tableau est nécessaire à la vie du tout. Il s’agit de faire parler l’inaudible. Par le langage des corps et des visages, par l’échange des gestes et des regards, par l’union de la matière et de la couleur... hayat fait resurgir un cri du fond des temps.

Transparence(s)
Afin de fondre deux instants différents et apparemment clos pour les transformer en un instant “unique et permanent”, reproduction picturale et projection photographique sont intégrées par un jeu de transparences. La lumière n’éclaire plus seulement la surface du tableau, mais circule à l’intérieur. Ainsi se dégage une sensation d’éternel recommencement : le passé remonte au niveau du présent qui se dilue à son tour dans le passé
Le châssis patiné, libéré de sa toile, devient ainsi apparent: langage en soi, il fait partie intégrante de la mise en scène. La lumière est canalisée ou interceptée par des matières plastique translucides, froissées, déchirées, des fragments de plâtre, de terre, de vieux bois ou des boîtiers de pellicules écrasés, comme sous le poids des souffrances et des espoirs captés. Images, lumière, support, collages se choquent et s’entrechoquent. Chaos de temps et de matériaux, pérennité d’absurdité.

Liant(s)
La forme de la croix hante l’œuvre d'Hayat. Châssis croisé de traverses, images crucifiées ou croix elle-même .... la mise en scène privilégie les liens entre les images où se rencontrent les semblables destinées.
Les bras s’unissent par dessus les ans, les regards s’appellent dans l’espace et les corps continuent de se rapprocher et de se fuir.

Cadrage(s)
Aller à l’essentiel. Cadrer dans les images l’élément le plus symbolique. Estomper les détails de décor pour que le cœur de l’interrogation batte. La tension de l’image finale naît surtout de l’incapacité du spectateur à se situer dans le temps.

Rémanence(s)
Historiques, mystiques, sociales ou sensuelles... l’accumulation de révoltes ajoute à la conscience. L’adjonction des dénonciations finira peut-être un jour par généraliser le refus.

Thierry Martin (extrait du catalogue Frère(s) 2002

Scandals
When an artist seeks what links rather than what distinguishes, he tackles the absolute scandal of the almost mechanical reproduction of violence under the indifferent or discouraged gaze of time.
Although the subject matter has changed, the matter of the work itself seems petrified in absurdity, showing the same intolerance, the same victims. Like a human body, each part of a picture is necessary to the living whole. The inaudible must be made audible. Through the language of faces and bodies, though an exchange of gestures and glances, through the union of matter and colour, Hayat drags a cry from the depths of time.

Transparencies
To dissolve two separate and apparently closed moments into a single endless moment, both pictorial reproduction and photographic projection play on transparency. The light no longer lights up just the surface of the painting, but moves around inside it, creating a sense of endlessly beginnings - the past rises to the surface of the present, which in turn is diluted in the past.
The well worn stretcher, freed of its canvas, now emerges. It is a language in itself, an integral part of the show. The light is channelled or intercepted by crumpled, torn, translucent plastic, fragments of plaster, clay, old wood or twisted film cans, crushed under the weight of the suffering and hopes they have recorded. Images, light, medium and collages clash and knock together. Chaos in time and matter, never-ending absurdity.

Links
The shape of the cross haunts Hayat's work. The stretcher's intersecting crossbars, crucified images or the cross itself… he arranges his work to highlight the links between images in which like destinies meet.
Arms join over the years, eyes meet in space and bodies embrace and flee.

Frames
Go to the essentials. Focus on the most symbolic element in each image. Blur the secondary details so that the core question emerges. The tension of the final image is derived above all from the viewer's inability to grasp the time frame.

After-image
Historical, mystical, social or sensual… the accumulated revolts impinge on consciousness. Denunciation piled on denunciation will perhaps one day spark off a general refusal.

Thierry Martin