Scandale(s)
Lorsque le plasticien recherche ce qui relie plus que ce qui distingue,
il aborde le scandale absolu de la reproduction quasi mécanique
de la violence sous le regard indifférent ou découragé
du temps.
Si le matériau du constat a changé, la matière
de luvre semble pétrifiée dans labsurde
: mêmes intolérances, mêmes victimes.Tel un
corps humain, chaque partie dun tableau est nécessaire
à la vie du tout. Il sagit de faire parler linaudible.
Par le langage des corps et des visages, par léchange
des gestes et des regards, par lunion de la matière
et de la couleur... hayat fait resurgir un cri du fond des temps.
Transparence(s)
Afin de fondre deux instants différents et apparemment
clos pour les transformer en un instant unique et permanent,
reproduction picturale et projection photographique sont intégrées
par un jeu de transparences. La lumière néclaire
plus seulement la surface du tableau, mais circule à lintérieur.
Ainsi se dégage une sensation déternel recommencement
: le passé remonte au niveau du présent qui se dilue
à son tour dans le passé
Le châssis patiné, libéré de sa toile,
devient ainsi apparent: langage en soi, il fait partie intégrante
de la mise en scène. La lumière est canalisée
ou interceptée par des matières plastique translucides,
froissées, déchirées, des fragments de plâtre,
de terre, de vieux bois ou des boîtiers de pellicules écrasés,
comme sous le poids des souffrances et des espoirs captés.
Images, lumière, support, collages se choquent et sentrechoquent.
Chaos de temps et de matériaux, pérennité
dabsurdité.
Liant(s)
La forme de la croix hante luvre d'Hayat. Châssis
croisé de traverses, images crucifiées ou croix
elle-même .... la mise en scène privilégie
les liens entre les images où se rencontrent les semblables
destinées.
Les bras sunissent par dessus les ans, les regards sappellent
dans lespace et les corps continuent de se rapprocher et
de se fuir.
Cadrage(s)
Aller à lessentiel. Cadrer dans les images lélément
le plus symbolique. Estomper les détails de décor
pour que le cur de linterrogation batte. La tension
de limage finale naît surtout de lincapacité
du spectateur à se situer dans le temps.
Rémanence(s)
Historiques, mystiques, sociales ou sensuelles... laccumulation
de révoltes ajoute à la conscience. Ladjonction
des dénonciations finira peut-être un jour par généraliser
le refus.
Thierry
Martin (extrait du catalogue Frère(s) 2002
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Scandals
When an artist seeks what links rather than what distinguishes,
he tackles the absolute scandal of the almost mechanical reproduction
of violence under the indifferent or discouraged gaze of time.
Although the subject matter has changed, the matter of the work
itself seems petrified in absurdity, showing the same intolerance,
the same victims. Like a human body, each part of a picture is
necessary to the living whole. The inaudible must be made audible.
Through the language of faces and bodies, though an exchange of
gestures and glances, through the union of matter and colour,
Hayat drags a cry from the depths of time.
Transparencies
To dissolve two separate and apparently closed moments into a
single endless moment, both pictorial reproduction and photographic
projection play on transparency. The light no longer lights up
just the surface of the painting, but moves around inside it,
creating a sense of endlessly beginnings - the past rises to the
surface of the present, which in turn is diluted in the past.
The well worn stretcher, freed of its canvas, now emerges. It
is a language in itself, an integral part of the show. The light
is channelled or intercepted by crumpled, torn, translucent plastic,
fragments of plaster, clay, old wood or twisted film cans, crushed
under the weight of the suffering and hopes they have recorded.
Images, light, medium and collages clash and knock together. Chaos
in time and matter, never-ending absurdity.
Links
The shape of the cross haunts Hayat's work. The stretcher's intersecting
crossbars, crucified images or the cross itself
he arranges
his work to highlight the links between images in which like destinies
meet.
Arms join over the years, eyes meet in space and bodies embrace
and flee.
Frames
Go to the essentials. Focus on the most symbolic element in each
image. Blur the secondary details so that the core question emerges.
The tension of the final image is derived above all from the viewer's
inability to grasp the time frame.
After-image
Historical, mystical, social or sensual
the accumulated
revolts impinge on consciousness. Denunciation piled on denunciation
will perhaps one day spark off a general refusal.
Thierry
Martin |